Iranien en France
Quand tu respires en persane et parles en français
vendredi, janvier 28, 2005
  Marjane, à la une...


L'album "Poulet aux prunes" de Marjane Satrapi (l'Association) a remporté jeudi soir le prix du meilleur album 2004 décerné par le Festival international de la bande dessinée (FIBD) d'Angoulême qui tient sa 32e édition de jeudi à dimanche.


L'Iranienne de Paris avait déjà été primée à Angoulême. Elle avait fait sensation en 2001 en remportant le prix du premier album pour son "Persepolis", histoire d'une petite fille délurée ne supportant pas les contraintes et discrimination imposées par les ayatollahs.
Cette fois, Marjane est montée sur la plus haute marche du podium, son album étant sacré le meilleur de tous parmi les quelque 3.000 titres sortis en 2004.
Oeuvre de la maturité, l'histoire raconte comment, à Téhéran, dans les années 50, un musicien, Nasser Ali Khan, joueur surdoué de tar (le luth iranien) se laisse mourir, n'ayant plus goût à rien, pas même son plat préféré, le poulet aux prunes. Déclencheur de sa déprime: sa femme lui a cassé son tar. Mais Nasser, surtout, revoit une vie gâchée, des amours ratées, des ambitions rongées par le quotidien, une routine insupportable...
Chronique d'un destin foudroyé avec allers et retours entre présent et passé de Nasser et projection sur un avenir où sa famille l'a totalement oublié, "Poulet aux prunes" ne parle pas de "politique" mais l'atmosphère est lourde en cette époque où Mossadegh, qui portait les espoirs de la gauche iranienne, venait d'être renvoyé et où l'avenir, celui qui fit fuir la jeune Marjane, se dessinait déjà.
par: AFP

 
jeudi, janvier 27, 2005
  Poulet aux prunes...


En ayant marre d'être une femme, Marjane Satrapi s'est faite homme pour raconter l'histoire de Nasser Ali Khan, un musicien au tar brisé. Elle l'a donc flanqué d'une femme affreuse, d'une mère, d'une fille et d'une soeur chéries, d'un fils qu'il déteste pour cause de dissemblance avec son narcissisme et d'un frère dont il est jaloux. Un homme normal, en quelque sorte, assez bien imité. Après l'autobiographie de Persepolis, ce nouveau livre démontre la force et l'originalité de Satrapi, sa capacité à fictionner sans nombril, à fabuler en mêlant le grotesque au tragique et la facilité au sublime.


Nasser Ali est un musicien de Téhéran qui a perdu le goût de la vie parce que sa femme a cassé son tar, une sorte de luth dont la caisse ressemble étrangement à deux coeurs de tailles différentes, réunis par la pointe. Il décide de mourir, et Satrapi installe en huit journées le récit de ce trépas, dans la pure tradition du conte à tiroirs (le Décameron, les Mille et Une Nuits...). Alternent ainsi les souvenirs de Nasser Ali avec ses enfants, sa mère, son frère communiste arrêté par la police du shah au début des années cinquante, mais aussi des anticipations, des fantasmes, un tour au paradis ou une rencontre avec Azraël, l'ange de la mort. Il y a les seins de Sophia Loren, des Iraniens victimes de l'obésité américaine et quelques femmes qui partent en fumée, on ignore si c'est un jeu de mots sur le tar (goudron) de la cigarette.
Les nombreux décrochages narratifs sont relayés par un code graphique précis : le récit omniscient (Nasser Ali attendant la mort) se fait sur fond blanc. Un cadre autour de la vignette signale un rétrécissement de point de vue, une anecdote personnelle rapportée par la narratrice. La focalisation interne (Nasser Ali imagine, se rappelle, etc.) se fait sur fond noir encadré. Enfin, les traits des personnages s'estompent parfois au profit de simples silhouettes noires lors d'un retour sur soi (émotion, méditation,...). Par exemple, quand Nasser Ali cite ces vers aigres-drôles d'Omar Khayyam : «Les astres à ma présence ici-bas n'ont rien gagné, leur gloire à ma déchéance ne sera pas augmentée, et, témoins mes deux oreilles, nul n'a jamais pu me dire pourquoi l'on m'a fait venir et l'on me fait m'en aller.» Comme ses collègues oubapiens, Satrapi utilise souvent l'itération. Ce procédé permet de «boucler» l'histoire (les huit journées sont un flash-back) et d'instaurer, dans la boucle, de fragiles et ironiques différences qui rappellent que la répétitivité a partie liée avec les rites de mort (voir ce qu'il advient des cornes d'Azraël dans la première version de l'enterrement). Une sorte de solitude est insufflée par le même biais aux images, qui acquièrent une puissance iconique et une efficacité toute eisensteinienne. La lecture du Matérialisme dialectique en bandes dessinées que son père a obligé Marji à faire quand elle était petite n'aura apparemment pas été en vain.



 
mercredi, janvier 05, 2005
  Pourquoi avec impatience...




Un poeme de Bertolt Brecht dit:
"Je suis assis au bord de la route
Le chauffeur change une roue
Je ne me sens pas bien la d'ou je viens
Je ne me sens pas bien la ou je vais
Pourqoui est-ce que j'observe le changement de roue
Avec impatience...?"

 
lundi, décembre 13, 2004
  La Chouette aveugle

Petit-fils du célèbre poète et critique Reza Qouli Khan Hedayat, Sadegh naquit à Téhéran le 17 février 1903. Il n'y a que peu à dire de sa vie extérieure. Son indépendance intellectuelle, sa modestie, sa pureté d'âme lui ont fait choisir en effet l'existence effacée et les souffrances d'un être d'élite qui se refuse aux compromis. Sa grande douceur de cœur, un esprit toujours prompt à saisir le ridicule des choses, son indulgence aussi pour ceux qu'il aimait, tempéraient seuls son mépris de ce monde.

Formé à la lecture des maîtres modernes de l'Europe, mais également pénétré d'un profond amour pour le folklore et les traditions de sa patrie, S. Hedayat a cherché son inspiration auprès du peuple de l'Iran. Cependant, la passion avec laquelle l'écrivain s'est penché sur les religions de la Perse antique et sur les superstitions et les pratiques de magie populaire qui en dérivent, a éveillé aussi chez lui le goût de l'insolite et, bien souvent, il écarte les étroites barrières de la réalité, pour laisser le merveilleux envahir la vie de ses personnages : l'action d'un roman comme La Chouette aveugle se situe très loin de l'espace et du temps ordinaires. Comme les plus grands poètes de sa race - on songe à Omar Khayam, le seul, d'ailleurs, qu'il aimait - S. Hédayat est un pessimiste. C'est un regard désespéré qu'il promène sur le monde. Cet univers aux lois impénétrables, mais absurdes et cruelles, s'il entr'ouvre parfois devant nous ses cercles les plus fantastiques, loin de nous offrir alors la promesse d'une destinée meilleure au-delà de l'existence terrestre, nous apparaît toujours baigné de la même sinistre lumière. Rien à espérer de cette vie, rien non plus d'une autre. Telle est l'obsession que l'on retrouve à chaque ligne de La Chouette aveugle

 
lundi, novembre 29, 2004
  Le Golfe Persique

L'Iran a interdit son sol aux journalistes et ses stands aux publications de la prestigieuse revue américaine National Geographic, coupable d'avoir dénommé "Golfe Arabique" le Golfe "Persique" dans un atlas.

"Nous ne délivrerons pas de visa aux journalistes de National Geographic et n'autoriserons pas la distribution des publications du National Geographic Institute tant qu'ils n'auront pas corrigé cette erreur", a déclaré à l'AFP le directeur pour les médias étrangers au ministère de la Culture et de l'Orientation islamique, tutelle de la presse.
"Nous avons demandé au ministère des Affaires étrangères d'engager des poursuites", a-t-il dit.
"Nous n'acceptons nullement l'utilisation de l'appellation fallacieuse de Golfe Arabique, qui est contraire aux documents des Nations unies. Nous agirons contre tout organe de presse qui l'utilisera", a-t-il dit.
L'Iran en veut au National Geographic d'avoir, dans un récent atlas, désigné les eaux qui baignent la République islamique mais aussi plusieurs pays arabes (Irak, Koweït, Arabie saoudite, Qatar, Bahreïn, Emirats arabes unis et Oman) par "Golfe Persique" mais en mettant entre parenthèses "Golfe Arabique", dénomination volontiers utilisée dans ces pays arabes.
Les officiels iraniens se scandalisent à chaque fois qu'ils sont confrontés à cette appellation.
"Nous défendrons l'identité historique du Golfe Persique. Nous n'accepterons aucune falsification et prendrons les mesures légales", a déclaré lundi porte-parole du gouvernement, devant la presse.
Le National Geographic désigne aussi les trois îles d'Abou Moussa et de la Grande et la Petite Tomb comme "occupées par l'Iran et réclamées par les Emirats Arabes Unis".
Les trois îles sont contrôlées par l'Iran depuis 1971 mais elles sont revendiquées par les Emirats.
L'Iran a toujours rejeté toute négociation sur les trois îles, affirmant qu'elles sont iraniennes.
par: AFP

 

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